Dans ce cœur historique de Paris submergé par un raz-de-marée de visiteurs attirés par une Notre-Dame repimpée, Au Bougnat demeure une adresse tranquille et authentique. Policiers de la préfecture et pompiers se pressent à son zinc à l’apéro de midi. Il y a 40 ans, le troquet était réputé pour son ambiance aussi particulière que savoureuse quand les grands voyous se mélangeaient aux grands flics…Quant aux touristes bien informés, ils attendent sagement leurs tables.

Ce bistrot n’a pas usurpé son nom. C’est une de ces adresses rarissimes dans la capitale encore dans la même famille depuis des décennies. Un des derniers symboles vivants de l’histoire des Aveyronnais de Paris montés du Rouergue par milliers pour livrer le charbon pendant que la patronne servait le vin dans le petit débit. Ce fut la voie suivie par le père et le grand-père de l’actuelle patronne. Ce dernier prit les rênes de l’affaire en 1949 …

Après l’avoir mise en gérance une quinzaine d’années, Phanie, la petite-fille est donc revenue il y a cinq ans reprendre en main l’affaire familiale. Elle est comme le furet de la chanson. Passée par ici, elle repassera pas là, la galerie qui relie l’ancien chantier – là où le bougnat entreposait son charbon- et le comptoir prenant les commandes, servant et desservant sa salle de 40 couverts, avec un petit mot pour faire patienter. Pas besoin de faire un dessin, elle a ce métier dans le sang. Et elle même reconnait que comme Obelix avec sa potion elle «est tombée dans le bistrot très tôt.»

Le midi, contre toute attente, le Bougnat ne débite pas l’aligot saucisse mais propose une cuisine simple, créative et savoureuse à prix pas exagérés. Tel un velouté de chou fleur et chorizo (6€) en entrée, une longe de thon grillé pesto, mousseline de panais ou des râbles de lapin à la moutarde riz-pilaf (19€) en plats. Un fait maison tactile et goûteux dont on pourra aussi se convaincre au dessert avec un feuilleté de poires et amandes délicatement craquant (8€).


Quant à la carte des vins, elle est gentiment bistrotière. Pas de grands crus mais une répartition équitable des vignobles. Ainsi en rouges, 3 bordeaux, 3 Languedoc dont un Terrasses du Larzac du Mas d’Amile (38€) et 4 rhodaniens dont un Vacqueyras domaine Les Sibu (40€). Point de Marcillac en revanche, pourtant vin d’Aveyron. Le Bacchus de la bougnate n’est pas chauvin !
Au Bougnat
26 rue Chanoinesse,
Paris 75004
Tél. 01.43.54.50.74
Lundi – Vendredi
09h00 – 00H00
Samedi
10h00 – 00h00
Service continu
Lundi au samedi
12h00 à 22h00