Le vignoble aixois prend ses racines dans l’Antiquité. Plusieurs siècles avant notre ère, les fondateurs de la ville de Marseille ramenèrent d’Asie Mineure des plants de vigne qu’ils offrirent à la population. Cette culture s’étendit aux territoires voisins jusqu’à se faire connaître des cours européennes au XVe siècle grâce au Roy René, comte d’Anjou et de Provence. Alors que le vignoble est à son apogée, la crise du phylloxéra à la fin du XIXe siècle anéantira quasiment toutes ses parcelles. La reconnaissance de l’AOC Coteaux d’Aix-en-Provence par le décret du 24 décembre 1985 participera de la renaissance et de la revalorisation des vins issus de ce terroir.
Les vignes sont élevées dans des conditions atmosphériques exceptionnelles – un ensoleillement de 300 jours par an, de faibles pluies, une présence marquée du Mistral, vent froid et sec qui leur apporte un air pur – et sur des sols majoritairement argilo-calcaires. Les différents cépages sont vinifiés séparément et assemblés par la suite, ainsi que le veut la tradition vigneronne. Tous les ingrédients sont réunis pour produire des vins équilibrés d’une grande qualité.
Les rouges du vignoble peuvent rivaliser avec ceux des régions réputées en la matière. Ils sont puissants, structurés, particulièrement aptes à la garde et aux arômes caramélisés dans leur jeunesse. Les blancs sont fins et aromatiques. Ne représentant qu’une minorité de l’encépagement, ils restent assez confidentiels, ce qui peut expliquer leur coût un peu plus élevé que les autres couleurs. Les vins rosés des Coteaux d’Aix-en-Provence sont d’une couleur saumon pâle. Ils sont légers, fruités, aux arômes d’agrumes et reconnaissables à cette acidité qui leur apporte toute leur fraîcheur, symbole de leur réputation festive.

En pratique, les rosés provençaux sont le plus souvent associés à leur terroir et donc, par succession d’idées, aux vacances. La publicité n’est pas étrangère à cette assimilation. De grandes campagnes d’affichage sont menées depuis plusieurs années pour susciter chez le consommateur cette envie d’évasion, de gourmandise. Les producteurs, à l’image de la coopérative, Les Vignerons du Roy René, située à Lambesc (13), travaillent sur l’esthétisme de leurs bouteilles. « Nous sommes sur des vins lookés, on travaille beaucoup sur l’habillage » précise Bertrand Laperas, porte-parole de la cave.
Fort de leur succès, les rosés aixois comptent parmi les rares vins de France à pouvoir afficher des hausses de prix de 3 à 5% par an. Même si cette valorisation ne profite pas forcément à tous les producteurs, au fil des ans, les coteaux d’Aix ont pris un poids économique important pour la région.
Carte d’identité de l’appellation
Superficie du vignoble : environ 4 000 ha, répartis sur 49 communes.
Volume de production : 193 000 hl (80% de rosé, 15% de rouge, 5% de blancs).
Rendement moyen : 48 hl/ha
Cépages principaux : Pour les rouges et rosés : cinsaut, counoise, grenache, mourvèdre, syrah, chacun, à l’exception du grenache, ne devant pas dépasser 40% de l’encépagement.
Pour les vins blancs : bourboulenc, clairette, grenache blanc, vermentino dans la limite de 70% de l’encépagement.
Filière viticole : 69 caves particulières et 12 coopératives.